Job
Chapter 14
Clementine Vulgate, 1598
vs Louis Segond 1910
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Job 14

Clementine Vulgate, 1598
Louis Segond 1910
1[Homo natus de muliere, brevi vivens tempore, repletur multis miseriis.
1L’homme né de la femme! Sa vie est courte, sans cesse agitée.
2Qui quasi flos egreditur et conteritur, et fugit velut umbra, et numquam in eodem statu permanet.
2Il naît, il est coupé comme une fleur; Il fuit et disparaît comme une ombre.
3Et dignum ducis super hujuscemodi aperire oculos tuos, et adducere eum tecum in judicium?
3Et c’est sur lui que tu as l’œil ouvert! Et tu me fais aller en justice avec toi!
4Quis potest facere mundum de immundo conceptum semine? nonne tu qui solus es?
4Comment d’un être souillé sortira-t-il un homme pur? Il n’en peut sortir aucun.
5Breves dies hominis sunt: numerus mensium ejus apud te est: constituisti terminos ejus, qui præteriri non poterunt.
5Si ses jours sont fixés, si tu as compté ses mois, Si tu en as marqué le terme qu’il ne saurait franchir,
6Recede paululum ab eo, ut quiescat, donec optata veniat, sicut mercenarii, dies ejus.
6Détourne de lui les regards, et donne-lui du relâche, Pour qu’il ait au moins la joie du mercenaire à la fin de sa journée.
7Lignum habet spem: si præcisum fuerit, rursum virescit, et rami ejus pullulant.
7Un arbre a de l’espérance: Quand on le coupe, il repousse, Il produit encore des rejetons;
8Si senuerit in terra radix ejus, et in pulvere emortuus fuerit truncus illius,
8Quand sa racine a vieilli dans la terre, Quand son tronc meurt dans la poussière,
9ad odorem aquæ germinabit, et faciet comam, quasi cum primum plantatum est.
9Il reverdit à l’approche de l’eau, Il pousse des branches comme une jeune plante.
10Homo vero cum mortuus fuerit, et nudatus, atque consumptus, ubi, quæso, est?
10Mais l’homme meurt, et il perd sa force; L’homme expire, et où est-il?
11Quomodo si recedant aquæ de mari, et fluvius vacuefactus arescat:
11Les eaux des lacs s’évanouissent, Les fleuves tarissent et se dessèchent;
12sic homo, cum dormierit, non resurget: donec atteratur cælum, non evigilabit, nec consurget de somno suo.
12Ainsi l’homme se couche et ne se relèvera plus, Il ne se réveillera pas tant que les cieux subsisteront, Il ne sortira pas de son sommeil.
13Quis mihi hoc tribuat, ut in inferno protegas me, et abscondas me donec pertranseat furor tuus, et constituas mihi tempus in quo recorderis mei?
13Oh! Si tu voulais me cacher dans le séjour des morts, M’y tenir à couvert jusqu’à ce que ta colère fût passée, Et me fixer un terme auquel tu te souviendras de moi!
14Putasne mortuus homo rursum vivat? cunctis diebus quibus nunc milito, expecto donec veniat immutatio mea.
14Si l’homme une fois mort pouvait revivre, J’aurais de l’espoir tout le temps de mes souffrances, Jusqu’à ce que mon état vînt à changer.
15Vocabis me, et ego respondebo tibi: operi manuum tuarum porriges dexteram.
15Tu appellerais alors, et je te répondrais, Tu languirais après l’ouvrage de tes mains.
16Tu quidem gressus meos dinumerasti: sed parce peccatis meis.
16Mais aujourd’hui tu comptes mes pas, Tu as l’œil sur mes péchés;
17Signasti quasi in sacculo delicta mea, sed curasti iniquitatem meam.
17Mes transgressions sont scellées en un faisceau, Et tu imagines des iniquités à ma charge.
18Mons cadens defluit, et saxum transfertur de loco suo:
18La montagne s’écroule et périt, Le rocher disparaît de sa place,
19lapides excavant aquæ, et alluvione paulatim terra consumitur: et hominem ergo similiter perdes.
19La pierre est broyée par les eaux, Et la terre emportée par leur courant; Ainsi tu détruis l’espérance de l’homme.
20Roborasti eum paululum, ut in perpetuum transiret: immutabis faciem ejus, et emittes eum.
20Tu es sans cesse à l’assaillir, et il s’en va; Tu le défigures, puis tu le renvoies.
21Sive nobiles fuerint filii ejus, sive ignobiles, non intelliget.
21Que ses fils soient honorés, il n’en sait rien; Qu’ils soient dans l’abaissement, il l’ignore.
22Attamen caro ejus, dum vivet, dolebit, et anima illius super semetipso lugebit.]
22C’est pour lui seul qu’il éprouve de la douleur en son corps, C’est pour lui seul qu’il ressent de la tristesse en son âme.

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