Job 30
Louis Segond 1910Translation
Louis Segond 1910
Clementine Vulgate, 1598
1Et maintenant!… je suis la risée de plus jeunes que moi, De ceux dont je dédaignais de mettre les pères Parmi les chiens de mon troupeau.
1[Nunc autem derident me juniores tempore, quorum non dignabar patres ponere cum canibus gregis mei:
2Mais à quoi me servirait la force de leurs mains? Ils sont incapables d’atteindre la vieillesse.
2quorum virtus manuum mihi erat pro nihilo, et vita ipsa putabantur indigni:
3Desséchés par la misère et la faim, Ils fuient dans les lieux arides, Depuis longtemps abandonnés et déserts;
3egestate et fame steriles, qui rodebant in solitudine, squallentes calamitate et miseria.
4Ils arrachent près des arbrisseaux les herbes sauvages, Et ils n’ont pour pain que la racine des genêts.
4Et mandebant herbas, et arborum cortices, et radix juniperorum erat cibus eorum:
5On les chasse du milieu des hommes, On crie après eux comme après des voleurs.
5qui de convallibus ista rapientes, cum singula reperissent, ad ea cum clamore currebant.
6Ils habitent dans d’affreuses vallées, Dans les cavernes de la terre et dans les rochers;
6In desertis habitabant torrentium, et in cavernis terræ, vel super glaream:
7Ils hurlent parmi les buissons, Ils se rassemblent sous les ronces.
7qui inter hujuscemodi lætabantur, et esse sub sentibus delicias computabant:
8Êtres vils et méprisés, On les repousse du pays.
8filii stultorum et ignobilium, et in terra penitus non parentes.
9Et maintenant, je suis l’objet de leurs chansons, Je suis en butte à leurs propos.
9Nunc in eorum canticum versus sum, et factus sum eis in proverbium.
10Ils ont horreur de moi, ils se détournent, Ils me crachent au visage.
10Abominantur me, et longe fugiunt a me, et faciem meam conspuere non verentur.
11Ils n’ont plus de retenue et ils m’humilient, Ils rejettent tout frein devant moi.
11Pharetram enim suam aperuit, et afflixit me, et frenum posuit in os meum.
12Ces misérables se lèvent à ma droite et me poussent les pieds, Ils se fraient contre moi des sentiers pour ma ruine;
12Ad dexteram orientis calamitates meæ illico surrexerunt: pedes meos subverterunt, et oppresserunt quasi fluctibus semitis suis.
13Ils détruisent mon propre sentier et travaillent à ma perte, Eux à qui personne ne viendrait en aide;
13Dissipaverunt itinera mea; insidiati sunt mihi, et prævaluerunt: et non fuit qui ferret auxilium.
14Ils arrivent comme par une large brèche, Ils se précipitent sous les craquements.
14Quasi rupto muro, et aperta janua, irruerunt super me, et ad meas miserias devoluti sunt.
15Les terreurs m’assiègent; Ma gloire est emportée comme par le vent, Mon bonheur a passé comme un nuage.
15Redactus sum in nihilum: abstulisti quasi ventus desiderium meum, et velut nubes pertransiit salus mea.
16Et maintenant, mon âme s’épanche en mon sein, Les jours de la souffrance m’ont saisi.
16Nunc autem in memetipso marcescit anima mea, et possident me dies afflictionis.
17La nuit me perce et m’arrache les os, La douleur qui me ronge ne se donne aucun repos,
17Nocte os meum perforatur doloribus, et qui me comedunt, non dormiunt.
18Par la violence du mal mon vêtement perd sa forme, Il se colle à mon corps comme ma tunique.
18In multitudine eorum consumitur vestimentum meum, et quasi capito tunicæ succinxerunt me.
19Dieu m’a jeté dans la boue, Et je ressemble à la poussière et à la cendre.
19Comparatus sum luto, et assimilatus sum favillæ et cineri.
20Je crie vers toi, et tu ne me réponds pas; Je me tiens debout, et tu me lances ton regard.
20Clamo ad te, et non exaudis me: sto, et non respicis me.
21Tu deviens cruel contre moi, Tu me combats avec la force de ta main.
21Mutatus es mihi in crudelem, et in duritia manus tuæ adversaris mihi.
22Tu me soulèves, tu me fais voler au-dessus du vent, Et tu m’anéantis au bruit de la tempête.
22Elevasti me, et quasi super ventum ponens; elisisti me valide.
23Car, je le sais, tu me mènes à la mort, Au rendez-vous de tous les vivants.
23Scio quia morti trades me, ubi constituta est domus omni viventi.
24Mais celui qui va périr n’étend-il pas les mains? Celui qui est dans le malheur n’implore-t-il pas du secours?
24Verumtamen non ad consumptionem eorum emittis manum tuam: et si corruerint, ipse salvabis.
25N’avais-je pas des larmes pour l’infortuné? Mon cœur n’avait-il pas pitié de l’indigent?
25Flebam quondam super eo qui afflictus erat, et compatiebatur anima mea pauperi.
26J’attendais le bonheur, et le malheur est arrivé; J’espérais la lumière, et les ténèbres sont venues.
26Expectabam bona, et venerunt mihi mala: præstolabar lucem, et eruperunt tenebræ.
27Mes entrailles bouillonnent sans relâche, Les jours de la calamité m’ont surpris.
27Interiora mea efferbuerunt absque ulla requie: prævenerunt me dies afflictionis.
28Je marche noirci, mais non par le soleil; Je me lève en pleine assemblée, et je crie.
28Mœrens incedebam sine furore; consurgens, in turba clamabam.
29Je suis devenu le frère des chacals, Le compagnon des autruches.
29Frater fui draconum, et socius struthionum.
30Ma peau noircit et tombe, Mes os brûlent et se dessèchent.
30Cutis mea denigrata est super me, et ossa mea aruerunt præ caumate.
31Ma harpe n’est plus qu’un instrument de deuil, Et mon chalumeau ne peut rendre que des sons plaintifs.
31Versa est in luctum cithara mea, et organum meum in vocem flentium.]
Tip: use the ← and → keys to turn chapters.